Mairie de Courcoury
Courcoury est une cité au riche passé. Desfouilles archéologiques ont témoignéd’une occupation humaine remontant à plusde 7 siècles avant J.C.
Le tumulus du Peu, une ancienne voie romaine, des piècesde monnaie, un vase étrusque … sont autant de traces d’une histoire remarquable.
Le bourg est construit autour de l’égliseSt-Martin de style roman, dont la construction remonteau XI° siècle.
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A Courcoury, le Terrier de la Fade est le tombeau élevépar la fée Mate à son enfant tombé dans la Seugne ; l'eau se précipita dans le troucreusé par Mate quand elle se fournit de terre,et forma la fosse Argentine. Puis la fée transportala terre dans son tablier dont les cordons se brisèrent,et toute le terre tomba en un tas qui forma le Peu ouTerrier de la Fade. On remarque en effet une concavitéprofonde dans la terre analogue à l'éminencedu tumulus.
Une autre tradition prétend que les soldats romainscantonnés dans la région enterraient làleurs camarades morts et recouvraient tour à tourleurs corps de terre dont ils remplissaient leurs casques,d'où le tumulus…
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Sur les nombreux bras de la Seugne, étaient édifiés des moulins, dont certains, rénovés, sont toujours habités. |
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« Ce que je veux conter ici se sontmes souvenirs et aussi les légendes du coin deterre où je suis né. C’est en Saintonge, à Courcoury, un paysdont le nom chante : « Courez, courez, ruisseaux» et qui se tient entre bois et marais, au creuxdu val de Charente. »
René Guillot - Premières lignes du ChevalierSans Visage, paru en 1973 aux éditions Hachette.
L'écrivain RenéGuillot, auteur de nombreux romans dont CrinBlanc, La Grande Renaude, Sirga La Lionne (dont Luc Bessonet Patrick Grandperret s'inspirèrent en 1993 pourle film L'Enfant Lion), Chansons de brousse… est né et a vécu à Courcoury.
Magdeleine Hours, propriétaire du Tumulus du Peu, a passé 40 ans de sa vie au Louvre. Conservateur en chef, elle a gardé le nom de « Madame Hours du Louvre».
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Origine des nomsdes villes et villages
de charente-maritime |
J.M. CASSAGNE / St.SEGUIN
Ed. J.M. BORDESSOULES |
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Mythologie de Charente-Maritime
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Aurore LAMONTELLERIE
Le Croît Vif – Collect. Documentaires |
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Noms de lieuxdes charentes
introduction à la toponymie |
Jacques DUGUET
Ed. BONNETON |
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Rene Guillot, le kipling Saintongeais
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Serge DREY - LA MALLE AUX LIVRES
2000 - Collection « Mémoires Charentaises» |
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La croix desjaume
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RenéGUILLOT - Librairie STOCK -
Ed. Delamain & Boutelleau/Paris 1952 |
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Le terrier de la fade
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Gisèle GUILLOT
Les Cahiers de l’Ouest N° 2 – Avril1954 |
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La grande Renaude
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RenéGUILLOT - Ed. Arthaud 1946
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La bague auxyeux de chat 1959
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René GUILLOT
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Le chevaliersans visage
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RenéGUILLOT – Ed. HACHETTE 1973
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| Mademoiselle de mortagne | René GUILLOT |
| La planete ignoree | René GUILLOT – Libr.HACHETTE 1963 |
| Les miracles de la Merlusine | Gisèle GUILLOT |
| Le prophete du marais – La vie des Charenteset poitou | Fanny CHANTAVOINE – Le Pays d’Ouest1949 |
| La Glaise | Magdeleine HOURS |
| Mironette | Jean SORILLET |
| Une vie au louvre | Magdeleine HOURS – Ed. Robert LAFFONT |
| La Merine a Nastasie | Docteur Athanase JEAN |
| Les secrets veritables | Marie-Aude MURAIL – Mouche L’école des Loisirs |
| Charente-Maritime L’art et la nature de ses 472 communes |
Michel DE LA TORRE Ed. NATHAN |
| France pittoresque | Imprimerie & Fonderie de RIGNOUX & COMP. Rue des Francs Bourgeois ST MICHEL – 75008 PARIS |
| Charente-inferieure | Adolphe JOANNE - 1889 |
| A la recherche de la Saintonge Maritime |
François JULIEN-LABRUYERE RUPELLA |
| La charente maritime | Jean COMBES / Jacques DAURYGuide des Départements- Ed. du Terroir |
| Saintes - decembre 1982 – la crue | Imprimerie DELAVAUD - SAINTES |
| Les deux Charentes – inondations 1982 La crue du siècle |
Christian GENET - Presses desImprimeries AUBIN – POITIERS LIGUGE |
| Aunis Saintonge | Christian BONNETON - Editeur |
| Dictionnaire etymologique des Noms de lieux en france |
Librairie GUENEGAUD – Paris VI° -1983 |
| Les antiquites de la ville de Saintes | Chaudruc de Crazannes - 1820 |
| Les cahiers de l’ouest (n°2) | René GUILLOT – AVRIL 1954 |
| Ere celtique de la Saintonge | René Primevère LESSON |
| Le peu | René Primevère LESSON 1847 |

Cette église, édifiée le long d’une voie romaine, a succédé à des sanctuaires plus anciens dont il ne reste que peu de traces. Elle est dédiée à Saint Martin.
Saint Martin est né en 316 en Europe Centrale où son père, officier dans l’armée romaine, était en garnison. Sa famille revenue à Pavie, c’est là qu’il passe son enfance et qu’il fréquente une communauté de chrétiens dont le culte venait d’être autorisé par l’Empereur Constantin.
A cette époque il rêve de devenir moine mais il doit s’enrôler dans l’armée se soumettant ainsi à la volonté de ses parents. En 331 à 18 ans, il se trouve en garnison en Gaule, à Amiens. C’est l’hiver, le froid est rude. Aux portes de la ville il aperçoit un pauvre homme grelottant, abandonné de tous. Pris de compassion il saisit son épée, partage en deux son manteau et en donne la moitié à ce chemineau. La nuit suivante le Christ lui apparaît vêtu de la partie du manteau dont il avait recouvert le pauvre et il l’entend dire : « c’est Martin qui m’a recouvert de ce vêtement ». Peu après, Martin reçoit le baptême mais n’est dégagé de ses obligations envers l’armée que beaucoup plus tard, en 356. Il a alors 40 ans. Il se précipite à Poitiers pour y rencontrer Hilaire, le Saint évêque dont la renommée est immense. Avec sa bénédiction il devient l’un des fondateurs de la vie monastique en Gaule (monastère de Ligugé). En 371 le siège épiscopal de Tours étant vacant, des clercs et des fidèles de cette ville viennent le chercher et le consacrent évêque. « Il avait toute la dignité d’un évêque, sans abandonner le genre de vie et la vertu d’un moine » dira Sulpice Sévère, son biographe. Conscient de sa mission apostolique, il évangélisera les campagnes de son diocèse encore livrées aux cultes idolâtres. Sa réputation de sainteté était si forte que son autorité s’imposait même aux plus grands personnages. Et néanmoins jusqu’à sa mort en 397 il fit preuve de la même humilité et de la même charité exemplaires (1).
Telle est l’histoire édifiante de Saint Martin, mais revenons à l’église de Courcoury. Pour l’essentiel l’édifice à nef unique existant aujourd’hui date de la seconde moitié du XII° siècle.
A l’extérieur, le chevet en est l’élément le plus remarquable ; il est limité, de part et d’autre, par deux contreforts et divisé, par deux colonnes semi engagées, en trois parties percées chacune d’une fenêtre en plein cintre. L’ensemble est unifié par un élégant liseré surmontant les fenêtres et les reliant les unes aux autres.
Cette harmonie très simple est complétée par une corniche à modillons.
Sur le mur Sud l’élévation de la nef a conservé des fragments d’un parement de petits moellons cubiques et des traces de fenêtres, témoins d’une construction plus ancienne (XIème siècle). Ce mur est percé de trois fenêtres romanes.
Le clocher carré est massif. Il est recouvert d’un toit à quatre pentes, presque plat, et présente sur deux de ses faces de belles fenêtres romanes géminées.
A la fin du XVème siècle une chapelle a été ajoutée sur le côté nord.
Enfin la façade Occidentale est beaucoup plus récente ; en effet la nef, allongée de neuf mètres en 1770, se termine par une façade classique d’assez bonne facture avec ses bossages et son fronton. On peut regretter l’élévation de cette nouvelle façade au XVIIIème siècle car elle nous prive de la façade du XIIème siècle. Mais on peut aussi se demander pourquoi la paroisse a éprouvé le besoin d’allonger la nef de son église à cette époque ? Accroissement de la démographie ? Lié à quel progrès de l’économie locale ?
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On pénètre dans l’église paroissiale de Courcoury par une porte dépouillée surmontée d’une baie rectangulaire et d’un imposant fronton triangulaire (fin XVIIIème siècle). A l’intérieur, la nef – haute, assez vaste et sans collatéraux – est éclairée par cinq fenêtres en plein-cintre percées au XVIIIème siècle. Les vitraux ont été réalisés en 1869(2). Les murs en moellons apparents laissent voir des ruptures d’appareil ce qui permet de distinguer les constructions de la période |
romane de celles de la période classique. Notamment sur le mur sud où s’aperçoivent encore les baies murées du premier édifice roman (XIème siècle).
A gauche en entrant : une originale cuve baptismale a été classée monument historique le 30 septembre 1911(3). Il s’agit de fonts baptismaux en pierre, formés de deux vasques jumelées et gravés de huit écussons portant des noms de curés. Ces fonts baptismaux datent du XVIIème siècle.
A huit mètres environ de l’entrée le sol s’abaisse de 80 centimètres, délimitant ainsi deux parties reliées par un escalier de quatre marches. La partie la plus occidentale correspond à l’allongement de la nef au XVIIIème siècle. A l’autre extrémité de la nef : une chaire en pierre datant de 1876(2). La voûte de la nef, masquée de nos jours par un lambris de bois cérusé, n’aurait jamais été construite.

Le chœur est entièrement en pierre de taille. Il s’ouvre sur la nef par « une arcade triomphale à trois rouleaux et deux colonnes sur dosseret (chapiteaux à feuilles stylisées) »(4). A droite « la porte de l’escalier en vis (donnant accès au clocher) est décorée de colonnettes à minuscules chapiteaux et d’un faux remplage trilobé »(4).
On monte au clocher par un escalier de 51 marches. Il abrite trois cloches : Marie-Louise 260 kilos sonne le Do – Elisabeth 180 kilos sonne le Ré et Denise 145 kilos sonne le Mi.
La voûte sous clocher est une coupole sur pendentif soulignée par des cordons de pointes de diamant.
Franchissant un arc brisé porté par deux colonnes à dosseret, la travée du chœur se poursuit par une abside semi-circulaire. Cette abside est voûtée d’un cul de four en pierre de taille et éclairée par « trois lancettes à ébrasement intérieur »(4).


Comme le signale Yves BLOMME, les églises charentaises où l’on se contente d’ajouter au sanctuaire roman une chapelle latérale gothique sont nombreuses.
Cependant l’adjonction gothique de l’église Saint Martin est de bonne qualité. Le soin apporté à la construction de cette chapelle et la présence d’une décoration héraldique ne laissent guère de doute sur sa destination. Marc SEGUIN nous rappelle en effet qu’au XV° siècle (et jusqu’au milieu du XVI°) « le haut justicier, fondateur des églises paroissiales de sa châtellenie, est en principe inhumé devant l’autel de l’église principale, décorée d’une lître à ses armes … ses vassaux se contentant d’une chapelle latérale sans lître. » Yves BLOMME insiste sur la qualité du bâti de la chapelle de Courcoury « aux nervures le plus souvent engagées, à la mouluration (…) conduite jusqu’au sol où une série de bases prismatiques (…) la reçoivent sur un socle polygonal. » (5) Si l’on ajoute que cette chapelle est éclairée à l’est par une belle baie à remplage flamboyant sa destination seigneuriale est une hypothèse hautement probable. Les seigneurs de Courcoury auraient disposé avec cette chapelle d’un culte familial assuré par des prêtres rémunérés, priant pour le salut de leur âme.
A la fin du moyen âge il y avait donc un seigneur à Courcoury dont le blason est encore visible à l’entrée de la chapelle Notre Dame. S’agissait-il d’un vassal du puissant Sire de Pons qui revendiquait la possession de la Seugne, et dont la châtellenie s’étendait sur la paroisse de Courcoury au XV° siècle ? Où se situait le château de Courcoury ? A l’emplacement de l’actuel Logis, comme certains l’affirment ? Comment se nommait cette noble famille ? Si un érudit local pouvait nous renseigner nous lui en saurions gré.
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En regagnant la place de l’église d’ « étranges petits soleils gravés sur les pierres de taille » (6) du mur sud « font immédiatement penser à des cadrans solaires primitifs ». (6) D’après A. DELANÇON on en trouve sur de nombreuses églises saintongeaises, mais uniquement pour les églises romanes. Il s’agirait donc de graffitis antérieurs au XIIIème siècle. « Leur facture maladroite et leur impression montrent à l’évidence que le graveur ne maîtrisait pas les techniques des tracés complexes ». (6) Donc les cadrans de cette facture sont gravés sur le mur sud de l’église de Courcoury. Encore bien visible de nos jours : l’orifice qui recevait la petite tige de fer ou de bois dont l’ombre portée par le cadran indiquait l’heure. |
« Sans doute étaient-ils utilisés par les prêtres (heures canoniales) mais, peut être les villageois trouvaient ils là quelques repères pratiques pour les moments importants de la journée ». (6)
Jetons une dernière fois un œil sur le clocher On remarque que tous les appuis des baies géminées ont été surélevés, surtout au sud où l’allège est également percée de deux bouches à feu. Ces éléments ont incontestablement une fonction défensive. S’agit-il de fortification datant de la guerre de Cent Ans, on peut le supposer puisque la Saintonge fût un des enjeux de cette guerre franco-anglaise.
Enfin, l’aviez-vous remarqué : la petite tête qui ponctue au nord le cordon mouluré qui parcourt le chevet, elle est bien celle d’une femme ?
Cette église qui est (et reste environ 900 ans après sa construction) avant tout un lieu de culte, nous livre beaucoup d’indices sur la vie de nos ancêtres dont elle a été un témoin privilégié.

La photo nous laisse dans le doute !
Elle nous laisse entrevoir :
Cette église nous livrera sans doute d’autres informations encore, si l’on se donne la peine de lire avec attention le livre ouvert que constitue tout monument historique.
L’église Saint Martin de Courcoury est inscrite à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques depuis le 22 Avril 2003.
Michel BOUTINON
(1) Les informations contenues dans ce paragraphe sont extraites de la biographie de Sulpice Sévère (342 – 420). Rappelons qu’à cette époque la rigueur du travail n’était pas celle qui est exigée des historiens à l’heure actuelle.
(2) Registre des délibérations du Conseil de Fabrique (1847-1906)
(3) AGRIPPA : liste officielle des objets mobiliers et orgues protégés.
(4) A. GENSBEITEL : fiche de présentation à la Commission Régionale du Patrimoine (11.02.2003.)
(5) Y. BLOMME : Architecture gothique en Saintonge et Aunis (éd. BORDESOULES – 1987)
(6) A. DELANÇON : Bulletin de la Société d’Archéologie et d’Histoire de la Charente Maritime. N° 29 – 2002